Projets d'école

Les élèves de Grand-Pré mènent l’enquête

 

Dans le cadre du conseil, les élèves ont choisi, cette année, de mieux faire connaissance avec les personnes qui les entourent dans l’établissement de Grand-Pré. La première personne à qui ils ont évidemment pensé est le responsable d’établissement de l’école,  Monsieur Frédéric Perroud.
Depuis que les enfants le côtoient, ils se demandent bien quel est son travail. Ils ont donc établi une liste de questions qu’ils avaient envie de lui poser.
Puis, les délégués du conseil sont allés l’interviewer. Voici un extrait de l’interview.

 

D’où venez-vous et quel âge avez-vous ?

Alors j’ai 45 ans et je viens du Mouret. Pour aller au Mouret, on part en direction de la Gruyère.

 

Êtes-vous marié ?

Oui, je suis marié.

 

Avez-vous des enfants ?

Alors j’ai 2 enfants : un garçon de 9 ans et demi et puis une fille de 6 ans.

 

Où alliez-vous à l’école ?

Alors j’étais à l’école à Romont. J’ai fait mon école enfantine là-bas, mon école primaire et le CO… Tout à Romont. Puis, j’étais à l’école normale, mais maintenant c’est la HEP, la haute école pédalogique, pour devenir instituteur, enseignant.

 

Faites-vous du sport ?

Alors j’en faisais, puis j’ai eu quelques soucis de santé mais j’aimais bien marcher en montagne, faire du vélo, du sport de raquettes comme le badminton, le squash.

 

Dans quel matière aviez-vous le plus de facilité ?

Moi j’ai toujours bien aimé le français. J’aimais bien la dictée ! Mais j’aimais aussi bien la géographie, l’histoire, les sciences…

 

Pourquoi avez-vous voulu faire ce travail ?

Avant d’être responsable d’établissement, j’étais enseignant. J’ai eu des classes de 7-8H, 5-6H et j’ai aussi enseigné en 4H. Quand j’étais à l’école, j’y étais bien. Je restais après l’école, je nettoyais les tableaux, j’aidais la maîtresse ou le maître parce que ça me plaisait ce métier, c’est pour ça que je me suis lancé. Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de devenir responsable d’établissement. Ça m’intéressait aussi. Bien que ça soit un autre travail, il y avait aussi un travail d’organisation, de discussion, … et tout ça, ça me plaisait bien. Je reste toujours dans l’enseignement, mais ça a un peu changé.

 

Que faites-vous pendant votre travail ?

Pendant que vous êtes en classe, moi en fait, je suis dans mon bureau mais pas tout le temps. Je m’occupe de l’organisation, par exemple, l’année passée j’organisais cette année et cette année j’organise l’année prochaine pour savoir quelle personne va dans quelle classe et quelle classe va dans quel local. Après il y a aussi les branches, mais je vais pas venir vous enseigner, ça c’est le travail des enseignant(e)s. Je m’occupe de l’organisation autour. Par exemple, il y a les profs particulier-ères et les profs des AC. Il faut aussi organiser le matériel pour l’année prochaine, discuter avec la commune. Quand les élèves vont voir un spectacle, il faut organiser ça au niveau des sous ; c’est jamais gratuit. Dans mon travail, il y a tout ce côté organisationnel et après il y a tout ce qui est pédagogique, donc je vais faire des visites dans les classes. J’ai aussi du plaisir à voir ce que vous apprenez. Par exemple, hier, je suis allé suivre un cour de langue pour voir comment ça se passe quand on apprend le Français. Je passe aussi pour discuter avec les enseignants, pour régler quelques soucis, pour en parler.

Je sais que souvent on pense que le responsable d’établissement c’est celui qui fait la police, qui fait la discipline, qui punit, mais ce n’est pas mon premier travail. C’est celui que je devrais faire le moins possible. De temps en temps, quand ça ne va plus, que vos maitresses ont tout essayé, je viens leur donner un coup de main, mais ça ce n’est pas le gros de mon travail.

 

Qu’est-ce que vous préférez dans votre métier ?

Je préfère les moments où je peux discuter avec les élèves ou avec les enseignantes aussi. C’est un métier où on discute beaucoup, on prend les avis des uns et des autres, on dit ce qui va, ce qui ne va pas. On essaie de trouver des solutions et je trouve ça très bien. Il ne faut pas forcément punir, on peut discuter aussi. C’est un métier où on partage beaucoup. Quand on organise et que ça fonctionne, on a une satisfaction, on est content.

 

Est-ce que vous êtes toujours dans votre bureau ?

Vous ne le voyez pas mais je ne suis pas toujours dans mon bureau. Ce matin par exemple, normalement jusqu’à la recréation je suis un moment dans mon bureau et après je dois me déplacer, parce que j’enseigne encore un petit peu. Je viens dans certaines classes en appui. Je prends un petit groupe et puis on travaille sur du francais, des maths, des fois de l’anglais ou de l’allemand. Des fois, j ai des rendez-vous ou des réunions l’après-midi et je vais dans d’autres écoles.

 

Est-ce que vous aidez les enfants ?

Il y a deux aides. Il y a quand je viens faire des appuis, donc je les aide à comprendre une leçon de français, de maths. Et puis, des fois, je les aide parce qu’ils ont un souci qui n’est pas forcément lié à du français ou des maths mais personnel. Alors, je les reçois dans mon bureau. Quand un enfant vient dans mon bureau, ce n’est pas pour le gronder comme je disais avant. On se rencontre, on discute puis on essaie de trouver des solutions et puis si je n’en trouve pas tout de suite, j’essaie d’en chercher ailleurs.

 

Combien recevez-vous de téléphones par jour ?

Oulala ! Ça varie entre 1-2 jusqu’à 8,9,10. Ça dépend : des jours, c’est calme et il y a des jours où je reviens dans mon bureau puis il y a 8 appels en absence. C’est très variable mais souvent beaucoup ; c’est un peu mon outil de travail le téléphone et puis l’ordinateur.

 

Faites-vous sonner la sonnerie ?

Alors non, ce n’est pas moi, c’est automatique. J’ai juste le micro pour faire des annonces. Mais sinon, tout ce qui est sonnerie c’est tout automatique. Sinon, j’oublierais et des fois, je ne suis pas dans mon bureau.

 

Avez-vous des personnes qui vous aident ? Si oui, qui sont-elles et quelles sont leurs fonctions ?

Oui. Alors, j’ai une personne qui fait du secrétariat. Elle vient toutes les semaines dans mon bureau. Elle tape les lettres, elle classe, elle écrit, elle fait les courriers,… Il y a les enseignants aussi. On est une équipe : on se rencontre, on discute tous ensemble. Il y a le concierge qui nous aide aussi. Il fait partie du bâtiment. Il y a aussi le service des écoles avec qui je travaille et toutes les enseignantes : enseignantes spécialisées, celles qui font les AC, celles qui font les mesures d’aide. 

 

Préférez-vous être enseignant ou directeur ?

(Rires) Bonne question ... Pour le moment, j’ai la chance de faire les deux. De temps en temps, je redeviens enseignant. C’est bien agréable de garder un contact avec les élèves. Ce qui fait que là autour de la table je connais beaucoup de prénoms.

Donc pour répondre à la question, les deux : le côté enseignant, avec les liens et le côté directeur avec une autre casquette. Les deux métiers vont bien ensemble.

 

Est-ce qu’on peut venir vers vous si quelqu’un fait quelque chose de méchant ?

On peut toujours venir chez moi. Vous avez vu la porte de mon bureau ? Elle est souvent ouverte. Donc si elle est fermée, soit j’ai un téléphone important soit il y a quelqu’un dans mon bureau. Mais ma porte est toujours ouverte. Après si vous vous êtes bagarrés à la récréation, alors c’est clair que je ne suis pas la première personne chez qui il faut venir. Vous imaginez s’il y a 15 bagarres à la récréation et que je dois recevoir tout le monde, cela ne va pas aller. Donc s’il y a une bagarre, d’abord il y a les gardiens de la paix, ensuite on va chez la maîtresse, et c’est elle qui va gérer. Mais par contre, s’il y a quelque chose de plus grave, il y a toujours possibilité de venir chez moi, bien entendu. La porte est ouverte pour les adultes mais aussi pour les enfants.

 

Est-ce difficile de diriger autant d’élèves ?

Ce n’est pas tous les jours facile. Il y a des jours où ça se passe très bien et il y a des jours où il y a des situations difficiles. Il faut être partout à la fois, trouver des bonnes solutions, ne pas aller trop vite, réfléchir pour ne pas prendre de mauvaises décisions, discuter avec les élèves et les enseignantes.

Est-ce difficile ? J’ai envie de dire qu’il y a des situations plus faciles et puis il y en a d’autres qui prennent plus de temps et qui sont plus compliquées.

 

Face aux situations compliquées, arrivez-vous toujours à garder votre patience ?

Alors, quand il y a une situation compliquée en principe j’essaie de ne pas répondre tout de suite. C’est ce que je dis aux élèves : quand il y a une bagarre, au lieu de tout suite répondre, des fois c’est bien de prendre du temps parce qu’il y a les émotions. Vous savez ce que c’est les émotions ? Si on vous embête, au bout d’un moment vous êtes comment ? Vous n’êtes pas calmes et détendus, vous êtes énervés. Quand il y a des situations compliquées, j’essaie toujours de prendre un peu de distance, de ne pas répondre tout de suite, de prendre un jour ou deux, de réfléchir puis, pendant ces 2 jours, on se calme on a le temps de voir les choses comme il le faut et puis de répondre. Donc, gardez votre patience. Bon, des fois, quand il y a des choses qui reviennent souvent, au bout d’un moment on montre un petit peu d’impatience mais en principe j’essaie d’être patient et de bien réfléchir à ce qu’il faut faire. Ce n’est pas toujours facile.

 

Quelle formation doit-on faire pour être Responsable d’Etablissement ?

Alors pour être responsable d’établissement il faut déjà être enseignant pendant un certain nombre d’années. Et puis après, il faut retourner à l’école. Moi, pendant une année, je suis retourné à l’école. Alors pas complètement, je continuais d’être dans une classe mais j’ai du suivre des cours et puis faire des examens, des évaluations, comme vous. Après on m’a mis des notes et à la fin on m’a dit voilà c’est bon vous avez votre certificat. Alors le nom juste c’est un « Certificat de gestion et d’administration d’établissement de formation ». C’est barbare comme nom, n’est-ce pas ? Ça veut dire en fait, que je peux diriger une école parce que j’ai gardé le côté pédagogique, tout ce qui est lié avec ce que vous apprenez mais aussi l’organisation et ça dure pendant une année.

 

Pourquoi avoir choisi l’école de Marly Grand-Pré ?

Avant, j’étais à l’école de Treyvaux et du Mouret. J’avais deux écoles donc ça faisait beaucoup de bâtiments. J’avais mes enfants qui étaient à l’école. Je trouve que ce n’est pas facile d’être en même temps directeur d’une école et d’avoir ses enfants à l’école. Donc j’ai décidé de changer d’école. Puis, il y avait une place qui se libérait à Marly Grand-Pré. Je me suis dit que c’était super car ce n’était pas trop loin de chez moi parce que je ne voulais pas non plus aller à l’autre bout du canton. En plus, ça m’intéressait parce l’école de Marly Grand-Pré c’est différent. L’école de Treyvaux c’est 100 élèves, c’est donc trois fois moins qu’ici. C’est différent, on est aussi en campagne alors qu’ici c’est plus proche de la ville. Pour moi c’était un changement, je me suis dit que j’allais voir d’autres enfants qui sont plus proches de la ville qui ne sont peut-être pas les mêmes que ceux de la campagne.

 

Est-ce que vous allez dans une autre école ?

Alors non, pour le moment je n’ai que Marly Grand-Pré mais avant j’avais deux écoles. Deux écoles qui étaient réparties sur six bâtiments donc six petites écoles mais qui n’étaient pas l’une à côté de l’autre. Six bâtiments  pas si grands comme ici, mais quand même ça veut dire qu’il y en avait beaucoup. Je devais faire treize kilomètres pour faire le tour de toutes les écoles. C’est plutôt pas mal.

pas mal.

Est-ce que vous avez fait autre chose avant de venir à Grand-Pré ?

J’étais enseignant et responsable d’établissement à Treyvaux et au Mouret.

 

Est-ce que vous aimez travailler à Grand-Pré ?

Beaucoup. Quand je suis arrivé là, je me suis dit que je ne connaissais pas les élèves et puis je trouve que ça s’est très bien passé. J’ai eu beaucoup de plaisir, j’ai toujours beaucoup de plaisir à venir travailler à Grand-Pré. Vous le savez, vous venez tous un peu d’horizons différents et je trouve que c’est une richesse. Il y a des enfants qui viennent de tel ou tel pays, de telle ou telle culture et je trouve que c’est super. Alors il y a des bagarres mais dans toutes les écoles il y en a. Des fois ça arrive, c’est normal mais je trouve que c’est vraiment intéressant et riche de rencontrer un petit peu, justement, tous ces enfants qui viennent d’horizons différents.

 

Combien y a-t-il d’enfants dans toute l’école ?

Je vais essayer d’être précis, je crois qu’on doit être à 297 élèves. On ne dirait pas, n’est-ce pas ? Vous avez la chance d’avoir une grande école déjà un grand bâtiment ici, plus encore un autre bâtiment à côté. En plus de cela,  avoir toute cette surface de jeux, le terrain de foot, etc.

Ce qui fait que quand vous êtes dehors on n’a pas l’impression que vous êtes 300. Si on avait une toute petite cour on dirait que vous êtes entassés, mais là du fait d’avoir beaucoup d’espace et bien on n’a cette impression.

 

Est-ce que vous connaissez les prénoms de tous les élèves de l’école ?

(Rires) Non, pas tous malheureusement. Mais j’essaie, petit à petit, de les connaître. Là, autour de la table, je n’arrive pas à me rappeler de tout le monde, mais pas mal déjà. Donc petit à petit, j’en connais, mais pas tous. Il y en a que je croise moins, mais à chaque fois que je vous rencontre j’essaie de vous demander votre prénom pour le retenir.

 

Est-ce que vous trouvez que les élèves de cette école sont sympas ?

Oui, tout à fait. Je trouve qu’on a, comme je l’ai dit, des bagarres comme dans toutes les écoles. Mais là, je trouve que l’année passée, et cette année, de mon point de vue, c’est relativement calme et que ça se passe bien. Et vous, qu’en pensez-vous ? (Les délégués échangent librement avec Frédéric Perroud.)